Une campagne qui tourne mal pour Airbnb

Placardée un peu partout en ville, cette campagne d’affichage du site communautaire Airbnb s’est attiré les foudres des habitants de San Francisco, dénonçant le caractère agressif des conseils prodigués. La firme a fait marche arrière.

San Francisco pas contente

On dit que tout conseil est bon à prendre, mais les San Franciscains ne seraient bien passés de ceux prodigués par Airbnb sur les abri-bus et autres PVL de la ville. La firme a en effet lancé une campagne d’affichage sous forme de lettre ouverte aux bibliothèques municipales, travaux publics et écoles de la ville les incitant à utiliser les 12 millions de dollars versés par Airbnb chaque année au titre de la taxe hôtelière à bon escient.

Chères bibliothèques, nous espérons que vous utilisez un peu des 12 millions de dollars de taxe de séjour pour ouvrir vos établissements un peu plus tard le soir, peut-on ainsi lire sur l’une d’entre elles. Des affiches similaires réclament plus de pistes cyclables, de planter des arbres ou de laisser « l’art dans les écoles ». Des conseils vite dénoncés par les locaux qui les considèrent comme condescendants, voire agressifs.

Un professeur d’université a repéré la campagne et l’a aussitôt dénoncée sur Facebook. Son post a été partagé plus d’un millier de fois, comme le rapporte le San Francisco Weekly :

« Cher Airbnb, je suis très heureuse d’apprendre que tu as payé tes impôts. Moi aussi ! Par contre, j’ai bien calculé et j’ai une mauvaise nouvelle : sur tes 12 millions de dollars de taxes, seul 1,4 % revient aux bibliothèques (…) Ça ne permettra de les garder ouvertes qu’une ou deux minutes de plus par jour. »

Elle rappelle également à Airbnb que les 8 millions de dollars dépensés pour contrer la proposition F présentée par la mairie de San Francisco auraient fait une « réelle différence » s’ils avaient été donnés aux bibliothèques.

En effet, la compagnie avait auparavant dépensé 8 millions de dollars en publicités pour combattre la proposition F, qui entend un encadrement plus strict de la location de logements à court terme dans son fief de San Francisco, et obliger les hôtes à déclarer leurs revenus. À une large majorité (plus de 55 %), les électeurs de la ville ont rejeté la proposition F qui visait à limiter les locations entre particuliers à 75 nuits par an – contre 90 actuellement en moyenne. Fleuron de l’économie de partage, l’ex-start up aujourd’hui valorisée à plus de 25 milliards de dollars avait ainsi fait la démonstration de son poids politique.

Une bibliothécaire s’est également sentie visée et n’a pas tardé à réagir sur son compte twitter :

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Face au début de polémique, Airbnb a bien tenté de réagir :

« Notre intention était de montrer la contribution de nos hôtes et de nos invités à la taxe hôtelière, qui est d’environ un million de dollars par mois », a prétexté Airbnb avant de concéder que « le ton n’était pas bon et nous présentons nos excuses à toutes les personnes choquées ».

Au vu de la querelle provoquée, les affiches ont été immédiatement retirées. Airbnb est de plus en plus contesté dans les villes où la firme est implantée, notamment sous la pression des hôteliers qui y voient une concurrence déloyale.

Première ville Airbnb du monde en termes de locations, la ville de Paris bénéficie de la taxe de séjour collectée par la plateforme depuis cet été. Une manne de 10 millions d’euros pour 2016 selon les premières estimations.

Bona to vada !

Léna

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